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Les Télévoyages d’Amélie _ La culture de l’île de Nias

Les Télévoyages d'Amélie : La culture de l'île de Nias

Article écrit par Amélie Latour

L’île de Nias se trouve à l’ouest de l’île de Sumatra .

Position de l’île de Nias

D’après la légende, les habitants de l’île de Nias disent qu’ils viennent d’un arbre de vie, nommé Tora Sigaru'a, qui se trouvait dans un lieu nommé Tetehöli Ana'a. On raconte que le roi Sirao avait banni ses 9 fils de ce territoire pour les affrontements qu’ils avaient eus pour le trône. C’est à cette période qu’arrivèrent les premiers habitants de l’île de Nias. L’isolation de l’île fait que cette dernière conserve encore actuellement une culture mégalithique tout en ayant subi une grande influence de l'hindouisme.

Les villages niassais sont construits dans des zones marécageuses et au sommet de collines peu élevées. Les maisons des Nias sont en hauteur, sur des pilotis. L'intérêt était de pouvoir permettre à la maison de tenir face aux tremblements de terre.

Exemples de maisons Niassaises.

Exemple d'intérieur d'une maison Niassaise.

Village Niassais

Monolithes Niassais

Ils construisent également des sièges pour les anciens, des divans royals.

Exemple de ce travail de la pierre des Niassais .

Le transport de ces monolithes demandait beaucoup d'effort : on posait les monolithes sur un traîneau de troncs d’arbre et l’Owasa, celui qui voulait ériger ces monolithes, prenait place à côté. Ces monuments pouvaient être érigés à la mémoire des ancêtres : l’idée était ainsi de les appeler pour qu’ils puissent aider celui qui avait érigé le monument à vaincre les mauvais esprits.

D’autres monuments représentaient une invocation aux divinités pour apporter prospérité à celui qui érige le monument. Ces monuments permettent aussi d’indiquer le rang et la puissance d’une personne.

Exemple d'un de ces monuments

Il y avait dans cette société des fêtes, que l’on peut appeler des fêtes du mérite. Durant ces fêtes le donateur sacrifiait un de ses esclaves et recevait, lui et sa femme, des bijoux pour ce geste. Lors de la deuxième fête la femme recevait une tenue, un habit luxueux, qu’elle devait mettre, et on érigait pour l’homme un osaosa (un siège de pierre sculpté avec des motifs zoomorphes, ce sont des symboles de fécondité pour celui qui en a, et pour sa terre). Puis, lors de la troisième fête, on sacrifiait des porcs et un esclave et on donnait une ombrelle à l’homme.

Des Osaosas

À la quatrième fête, on sacrifiait les habitues porcs et l’habituel esclave . La femme recevait alors un bracelet. On continuait après les fêtes selon un calendrier précis. Et durant ces cérémonies on érigeait à certains moments des monuments en pierre.

Ces fêtes permettaient à quelqu’un de demander un nouveau statut social, et de lui apporter prestige et autorité. Les non nobles pouvait accéder à 5 degrés de mérites et les nobles à 20 voir plus. Les sacrifices de cochons par exemple étaient généralement en bien trop grand nombre par rapport à la quantité de nourriture que l’on avait besoin mais cela permettait de montrer sa richesse.

Ces traditions perdurent de nos jours, sans le sacrifice d’esclaves : on a à la place rajoutée plus de sacrifices de cochon. En effet dans la religion originelle des Niassais, on disait que les humains étaient les cochons de Lowalangi, le dieu du monde supérieur.

Les Niassais avaient également une tradition pour marquer le passage à l’âge adulte, le Fahombo bata : cela consistait à sauter au dessus d’un énorme monument en pierre.

Exemple d’un jeune homme pratiquant le Fahombo .

Une grande fête de la religion originelle des Niassais est la fête du Börö N’adu. C’est une fête rappelant les mythes d’origine des Niassais : des prêtres Niassais s’occupent de l’arbre sacré censé rappeler l’arbre de vie d’origine des Niassais (que nous avons évoqué au début). Si ses feuilles tombent, il est dit qu’un grand malheur va s’abattre sur le village, si une branche est détachée par un orage, un grand chef mourra ou les maisons brûleront. Si toutes les plantes montrent des signes de dépérissement, le désastre sera immense. Durant cette cérémonie les habitants des villages voisins (unis par les liens matrimoniaux) participent à cette fête, venant dans des habits de fêtes. Lors de la fête on construit des figures d’hommes et de tigres et on pose la figure d’homme sur celle du tigre et on forme une procession accompagnée de chants et de danses. Puis à la fin on les jette dans l’eau profonde pour qu’elles puissent accueillir l’âme des morts. Pour finir on libère un cochon sous l’arbre sacré et on le nourrit abondamment. Cette animal est sacré et ne pourra donc être touché et encore moins tué avant la prochaine Börö N’adu où les prêtres le tuent pour absoudre les habitants de leurs fautes et leur permettre de vivre dans ce monde et aussi dans celui des morts. Puis on partage la chair du cochon sacrifié entre les familles. Les Börö N’adu ont lieu entre tous les 7 à 14 ans.

Dans la religion d’origine des Niassais, il y avait à l’origine Tuha Sihai qui habitait dans un monde aussi grand qu’une maison. Lorsqu’il mourut naquit Aloloa N’angi, qui mourut également après, donnant naissance à l’arbre de vie. L’arbre de vie avait 3 bourgeons, un en haut, un au centre et un en bas. Des bourgeons du haut naquirent Lowalangi, Laturé Danö et deux esprits maléfiques (Nadoja et Afögha), de celui du centre sortirent 2 esprits positifs et deux esprits maléfiques. Et du dernier ne sortit ni d’esprit maléfique ni d’esprit positif. Lowalangi créa alors le premier couple humain. Puis vient plus tard Sirao dont nous avons déjà parlé.

Les Niassais fabriquaient également des statuettes de bois comme symbole de santé et pour des rituels spécifiques. Une statuette en bois reflétait le statut de son possesseur. Les Niassais construisaient des statues après la mort d’un proche. La statue conservait l’âme du défunt.

Exemple de statuettes de bois

Les Niassais étaient également des chasseurs de tête : lors d’une réussite après une campagne militaire pour un soldat, on remettait à la personne un Kalabubu.

Un Kalabubu

Guerriers Niassais en tenue traditionnelle

Tenues traditionnelles Niassaises

Les Niassais ont également de nombreuses danses traditionnelles. Citons le Fanari Moyo (danse de l'aigle), une danse faite par les femmes représentant les mouvements de l'aigle. Cette danse symbolise la ténacité et l'esprit de l'aigle et du peuple Niassais.

Exemple de Fanari Moyo

Le Manea, une danse durant laquelle les danseurs sont installés en colonnes et lignes. Des vers sont chantés par le maître de cérémonie et répétés par les danseurs en coeur. C'est une danse d'amusement et de joie, elle termine souvent les grandes fêtes et les mariages et généralement est très appréciée de tous.

Exemple de Manea

Le Fatele est une danse de guerrier Niassais venant du Sud de l'île. Elle reconstitue une bataille, ou sert d'entraînement pour les guerriers. La danse suit un scénario précis ressemblant ainsi pour les spectateurs à du théâtre, même si les guerriers y montrent au mieux leurs émotions pour que l'on croie réellement qu'il s'agit d'une vrai bataille.

Exemple de Fatele

Le Famanu, ou Manu (Dance de guerre de combat), est une danse où le héros du village affronte un ennemi et le bat.

Exemple de Famanu

Hiwö, une danse faite par des gens lorsqu'ils entrent dans la maison de leur hôte. Les danseurs garçons se tiennent la main et en ligne ils font vers leur hôte. Elle contient également des aspects d'une danse guerrière.

Exemple d'un Hiwö

La danse du Mogaele est une danse où les femmes Niassais offrent des sacs spéciaux, les Bola nafos, aux invités importants.

Exemples de Mogaele avec des Bola nafos

Instruments de musique traditionnels Niassais

Passons maintenant à quelques types de chants Niassais :

Hohob: dans le Sud Nias chanté par 5 ou 7 hommes ; le chef est appelé Ere hoho. Les chansons sont généralement composées de poèmes, d'histoires et d'anecdotes historiques. Dans le Nord, il est plus commun de parler que de chanter.

Deux chanteurs de Hoho

Hendri Hendri : chanté pendant les mariages ou les fêtes traditionnelles comme un dialogue de va-et-vient entre les invités et les visiteurs. Les chansons peuvent être une introduction ou un commentaire sur les visiteurs. Initialement, les hommes et les femmes chantent séparément, mais sont unis vers la fin. Enfin, de petits groupes de femmes chantent une chanson particulièrement envoûtante et aiguë, qui est chantée à tous les mariages.

Famolaya iraono : berceuse pour faire dormir les bébés.

Ngenu-ngenu : chant pour exprimer le chagrin et la souffrance.

Gözö-Gözö : chant lors du travail ou en marchant.

Maola : chansons par l'hôte arrivant et par les hôtes accueillant des invités lors de fêtes traditionnelles.

Chanteurs et chanteuses Niassais

Les chants Niassais peuvent également être associés avec les danses dont nous avons déjà parlé.

Lors de la colonisation Hollandaise de l'Indonésie par la VOC (la compagnie néérlandaise des Indes orientales, Verenigde Oost-Indische Compagnie en néérlandais). Les missionaires ont poussé à une énorme conversion de la population au christianisme de l'église protestante néérlandaise; Actuellement, plus de 90% des Niassais sont Chrétiens, même s'ils restent très emplis d’éléments de leur religion d’origine, ayant formé un syncrétisme entre le Christianisme et leur foi d'origine. Leurs traditions ont également souffert des autorités coloniales qui par exemple leur ont imposé d'enterrer les cadavres de leurs morts, alors que leurs traditions faisaient qu'ils laissaient le corps sur une plateforme surélévée pendant 2 ou 3 semaines avant de récupérer la tête et de la mettre dans un cercueil à côté de la maison.

Drapeau de la VOC

Aujourd'hui encore, même si dans la vie de tous les jours ces traditions ne semblent plus très vivantes, les Niassais vivant comme la majorité des autres Indonésiens, lors de cérémonies et de fêtes traditionnelles, mariages, enterrements, naissances, les Niassais reprennent des habits traditionnels et continuent de faire vivre leur longue et grande culture à travers ces habits, leurs danses et leurs chants.

Ainsi se conclut cet épisode, en espérant qu'il vous a plu !